Méthodologie de la bibliographie, des notes de bas de pages ou de fin  de document et des références électroniques

 Auteur : Robert Radford, M.A. ©MMVIII

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Définition : note de référence
Quand inclure une note de référence ?
Références électroniques
Comment inclure une note de référence électronique ?
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La bibliographie
La bibliographie dans un format approprié.
Répertoire de questions fréquentes
Questions répondues dans le livre et/ou sur ce site.
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Style Chicago GOST Style MLA Style Turabian

Méthodologie de la bibliographie, des notes de bas de pages ou de fin de document et des références électroniques

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DÉFINITION D'UNE NOTE DE RÉFÉRENCE

 

Dans un texte propre aux sciences humaines (tel que l'histoire, par exemple), il est nécessaire d'inclure des notes de bas de pages ou de fin de document, et ce, lors de quatre circonstances principales.  Mais, attention, vous ne devrez utiliser que l'un ou l'autre des deux formats proposés à l'intérieur d'un même texte.  Voici donc les circonstances particulières:

۩  lorsque l'on inclut une citation tirée directement de l'ouvrage d'un autre auteur (un article ou un livre, entre autres) ;

۩  lorsque l'on indique une ou plusieurs statistiques (nombre de kilomètres d'un front militaire, nombre de victimes d'un conflit, montant versé par un gouvernement, etc.) ;

۩  lorsqu'une idée ou un ensemble d'idées est directement et littéralement lié à l'argumentation ou aux propos d'un autre auteur ;

۩  afin d'inclure des informations supplémentaires qui permettent de définir ou de soutenir davantage des concepts inclus à l'intérieur du texte.

Toutefois, il existe des normes à respecter lorsque vient le temps d'incorporer à notre texte des notes de bas de pages ou de fin de document.  Selon les disciplines, ces normes peuvent être différentes.  Ainsi, le format que je vous propose s'adresse notamment à ceux et celles qui rédigent un texte en histoire.

Premièrement, et heureusement, les logiciels de traitement de texte offrent habituellement la possibilité d'inclure rapidement des notes de bas de pages ou de fin de document.  En ce sens, les logiciels Microsoft Word 2003 et 2007 ainsi qu'Open Office permettent, notamment, d'inclure des notes référentielles : 

 

Exemple 1 : Microsoft Word 2003

 

Exemple 2 : Microsoft Word 2007 (version anglaise)

 

Exemple 3 : OpenOffice.org 3.0.1 (version anglaise)

 

 

Les notes se suivent en ordre numérique ou alphabétique, mais peuvent prendre plusieurs formes.  Certains utiliseront les chiffres romains alors que d'autres préféreront les lettres, entre autres.  Cela dit, gardez en tête que l'on ne doit inclure plus d'une référence par note et que chaque note est unique, la suivante portant nécessairement un nombre ou une lettre croissante.

La référence relative à la première note doit obligatoirement être écrite au complet:

1- Henry Bogdan, La question royale en Hongrie au lendemain de la Première Guerre mondiale, Louvain : Institut de recherches de l'Europe centrale, 1979, p. 24.

Notez que le nom est écrit au complet (le prénom puis le nom) et que le titre est écrit en italique; parfois, certains départements universitaires préfèrent souligner le titre.  Après le titre, l'on doit inscrire la ville où le livre fût édité, le nom de l'éditeur, l'année puis, enfin, la page concernée.  Lorsque la référence concerne une seule page, l'on indiquera "p.", mais si cette référence concerne plusieurs pages, l'on devra indiquer "pp.". 

S'il s'agit d'un article, le format change quelque peu.

2- M.I. Finley, "The Silent Women of Rome", dans Horizon, no 7 (1965), Tuscaloosa, Horizon Publishers, p. 64.

Notez que le titre de l'article est mis entre parenthèses et que le titre de la revue suit en italique.  L'on doit aussi indiquer "dans" ou "in" devant le nom de la revue ou de l'encyclopédie en question.  L'on indique, par la suite, le numéro du volume ou la date de parution (année, mois, jour, selon le cas), suivi de la ville et du nom de l'éditeur, puis l'on indique la page ou les pages concernées.

Maintenant, lorsque la référence est répétitive, l'on n'a pas à répéter la référence au complet.  L'on devra plutôt utiliser l'une des mentions suivantes:

 

Ibid. :  lorsque la même référence est placée directement après la référence concernée, qu'elle concerne une ou plusieurs pages différentes ou non ;

Idem. : lorsqu'une référence est identique en tout point et qu'elle est placée immédiatement la référence concernée.  Certains préfèreront utiliser la mention "Ibid." ;

Op.cit. : lorsqu'une référence a déjà été mentionnée auparavant mais qu'elle ne suit pas directement cette dernière et qu'il s'agit d'un livre ;

Loc.cit. :  lorsqu'une référence a déjà été mentionnée auparavant mais qu'elle ne suit pas directement cette dernière et qu'il s'agit d'un article ;

3- Ibid., p. 66.

Cette référence signifie qu'il s'agit toujours de l'article de Finley, "The Silent Women of Rome", mais qu'elle concerne la page 66.

4- Idem.

Dans ce cas ci, la référence est identique à la précédente: même article, même page (p.66).

5- Bogdan, op.cit., p. 45.

Pour cette 5ème référence, j'utilise op.cit. (il s'agit d'un livre), car Bogdan a déjà été cité auparavant mais pas directement avant.  Il faut également noter la page concernée.  Si plusieurs ouvrages de Bogdan avaient été indiqués en références, j'aurais plutôt dû rajouter le nom du livre afin d'éviter toute confusion : Bogdan, Histoire des pays de l'Est, p. 59.

6- Finley, loc.cit., p. 25.

Tout comme la référence 5, mais j'utilise loc.cit, car il s'agit d'un article et non d'un livre.


CONCERNANT LES RÉFÉRENCES ÉLECTRONIQUES  

 

Lorsque vous devez citer des références électroniques provenant de sites Internet, il existe également certains formats à respecter.  Je vous en propose deux, soit les styles APA et MLA

Style APA

Nom et prénom de l'auteur (année de publication).  Titre de l'ouvrage ou du site Internet (en lettres italiques).  Date à laquelle vous avez extrait l'information du site Internet afin de l'utiliser dans votre document (jour, mois et année) et adresse du site Internet.

Exemple :

Rice, J.C., McBride, R.H. & Davis, J. (1998).  Defining a web based learning environment.  Extrait le 5 novembre 2000 du site http://www.byu.edu/ipt/workshops/wbi/text.html.

 

Style MLA

S'il s'agit de sites Internet sans auteur connu :

Titre du site en lettres italiques.  Date à laquelle vous avez extrait l'information du site Internet afin de l'utiliser dans votre document (jour, mois et année) et l'adresse du site Internet selon ce format : <source>.

Exemple :

Cyberbee.  28 juillet 2002.  <http://www.cyberbee.com>.

S'il s'agit de sites Internet où l'auteur ou les auteurs du texte concerné sont identifiés :

Nom et prénom de l'auteur.  Date à laquelle vous avez extrait l'information du site Internet afin de l'utiliser dans votre document (jour, mois et année) et adresse du site Internet selon ce format : <source>.  

Exemple :

Radford, Robert.  28 juillet 2002.  <http://www.robertradford.com>.


QU'EST-CE QU'UNE BIBLIOGRAPHIE ?  

 

Quelques concepts concernant l'inclusion d'une bibliographie à votre essai :

۩ une bibliographie est, de facto, une liste d'articles, de livres et/ou toutes autres sources d'informations utilisées afin de conceptualiser, préparer et écrire votre essai;
۩ même si une source ne fait pas partie de votre ouvrage en tant que note de référence, elle doit quand même être ajoutée à votre bibliographie si vous considérez que cette source particulière fut nécessaire à votre compréhension générale de l'un ou l'autre des concepts présentés dans votre essai; 
۩ gardez à l'esprit que les sources n'ayant pas été consultées par vous-même ou qui ne sont pas pertinentes à votre essai ne doivent pas être ajoutées à la bibliographie;
۩ la section de la bibliographie doit apparaître sur une page distincte, à la fin de votre essai, après la section des notes de fin de document et/ou des annexes.  Toutefois, si vous incluez une section présentant vos autres ouvrages publiés (ou d'autres titres de votre éditeur) alors, dans ce cas, votre bibliographie devra apparaître avant cette section particulière située à la toute fin de votre ouvrage;
۩ les noms de famille des auteurs doivent être inclus à la bibliographie selon un ordre alphabétique;
۩ les noms de famille des auteurs doivent apparaître en lettres majuscules;
۩ si une référence bibliographique concerne un même auteur que la référence précédente, il est possible de remplacer le nom de l'auteur concerné par un trait (ceci évite de répéter un même nom de façon répétitive);
۩ si une référence bibliographique requière plus d'une seule ligne de texte, les lignes suivantes doivent laisser un espace tampon à la gauche du texte (alignement horizontal). Notez que cette façon de faire est optionnelle;
۩ une section bibliographique peut être divisée en sous-sections.  Chaque sous-section représente un type médiatique propre aux sources présentées.  Ainsi, l'on peut inclure des sous-sections propres à des livres, des articles et des références électroniques, entre autres.  Certains voudront aussi diviser leur section bibliographique selon des sources générales et spécialisées; dans un tel cas, chaque division pourrait aussi inclure des sous-sections pour les livres, les articles et/ou les références électroniques;
۩ et lorsque votre section bibliographique sera complétée et ajoutée à votre essai, il peut être approprié d'inclure quelques pages vierges à la fin de votre document.  Lorsque l'on publie un livre, les éditeurs requièrent habituellement de telles pages sans aucun texte.  Ceci est aussi vrai pour les compagnies de publication sur demande (POD) telles que Lulu, Blurb et QooP.  Gardez à l'esprit que le nombre total de pages d'un livre que l'on souhaite publier doit pouvoir se diviser par quatre (4).  Par exemple, si votre bibliographie se termine à la page 85, vous voudrez alors inclure trois pages vierges additionnelles à votre livre (pp. 86-88).

Exemples de références bibliographiques :

Références de livres :

Auteur (nom de famille, prénom).  Titre du livre, numéro d'édition (non requis s'il s'agit d'une première édition).  Ville où le livre fut publié: nom de l'éditeur, année de publication.  Nombre total de pages du livre.

Exemples :

POLLOCK, Michael L. et alHeart Disease and Rehabilitation, 3ème édition.  Champaign :

  Human Kinetics, 1995.  472 p.
 
RADFORD, Robert.  Footnotes, Endnotes and Electronic References' Methodology
  Morrisville : Lulu, 2008.  84 p.

 

Références d'articles :

Auteur (nom de famille, prénom).  "Titre de l'article", dans Titre de la revue, numéro du volume ou de la revue (année de publication).  Ville où le livre fut publié: nom de l'éditeur.  Numéros de la première et de la dernière page de l'article ("p." s'il s'agit d'une page unique / "pp." s'il s'agit de pages multiples).

Exemple :

FINLEY, M.I. "The Silent Women of Rome", dans Horizon, no 7 (1965).  Tuscaloosa :
  Horizon Publishers.  pp. 57-64.

 

Références électroniques :

Pour une bibliographie, il est préférable d'utiliser le style APA quant aux références électroniques (voir la section précédente qui illustre ce type de références).

Exemple :

RICE, J.C. et al. (1998).  Defining a web based learning environment.  Extrait le 5
  novembre 2000 du site http://www.byu.edu/ipt/workshops/wbi/text.html.

 

Exemple d'une bibliographie complète :

 

BIBLIOGRAPHIE

RÉFÉRENCES GÉNÉRALES

KEAVENEY, Raymond.  Views of Rome.  New York : Harper & Row, 1988.  304 p.

LEFKOWITZ, Mary R. and Maureen B. FANT.  Women’s Life in Greece and Rome.     

  London: Duckworth, 1982.  294 p.

RÉFÉRENCES SPÉCIALISÉES

MARCADÉ, Jean.  Études de sculptures et d’iconographie antiques.  Paris : Publications
  de la Sorbonne, 1993.  570 p.
POMEROY, Sarah B.  Goddesses, whores, wives and slaves. Women in Classical
  Antiquity.  New York : Schocken  Books, 1975.  265 p.

ARTICLES

FINLEY, M.I. " The Silent Women of Rome ", dans Horizon, no 7 (1965).                 
  Tuscaloosa: Horizon Publishers.  pp. 57-64.
TREGGIARI, Susan. " Libertine Ladies ", dans Classical World, no 64 (1971).  Pittsburgh :
  Classical Association of the Atlantic States.  pp. 196-198.

SOURCES ANTIQUES

OVIDE.  Ovid’s Fasti.  Cambridge : Harvard University Press, 1959.  460 p. [Traduit par
  Sir James George Frazer].

PÉTRONE.  Le Satiricon.  Paris : Les Belles Lettres, 1962.  213 p. [Traduit par Alfred

  Ernout].
PLAUTE.  Comédies : L’Asinaire ; Charançon ; Pseudolus.  Paris : Hachette, 1923.  2 v.
  [Traduit par E. Sommer].
________.  Comédies : Truculentus, tome VII.  Paris : Les Belles Lettres, 1961.  203 p.
  [Traduit par Alfred Ernout].
SÉNÈQUE, le Philosophe.  Des Bienfaits, tome I.  Paris : Les Belles Lettres, 1926.  141 p.
   [Traduit par François Préchac].
 

 


 

 

 

 

RÉPERTOIRE DE QUESTIONS FRÉQUENTES

Voici une section qui regroupe quelques questions intéressantes.  Cela dit, afin que cette section évolue, n'hésitez pas à me faire parvenir vos questions si certaines persistent dans votre esprit : en ce sens, vous pouvez me faire parvenir un courriel afin de communiquer avec moi.  Je vous répondrai rapidement et publierai vos questions et mes réponses à même ce site Internet. 


Question # 1

 

 

Oui, je comprends comment écrire les notes dans le bas des pages mais, dans mon synopsis, où est-ce que je dois écrire le numéro ?  Par exemple : "Predictions about which students will do better academically or socially in which setting are highly fallible (6)".  Est-ce que le (6) va avant ou après le point final ?  Je vous remercie pour votre aide.

Sincèrement,

Stacy

Réponse

 

 

 

 

 

 

Bonjour Stacy,

Le numéro doit toujours être inclus avant le point final de la phrase concernée, jamais après, et doit apparaître à la fin de votre énoncé.  Voici un exemple :

« Les comparaisons internationales présentent les principaux indicateurs statistiques de plus de 230 pays et territoires, regroupés par thème : population et revenus, population active et prix, produit intérieur brut, commerce international et investissements, éducation et communication, santé »1.

1 Institut de la statistique, Gouvernement du Québec.  3 déc. 2003.    <http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/conjn_econm/compr_inter/index.htm>

 


Question # 2

 

Bonjour. Je suis à la recherche d'un livre de références en français, pour les notes de bas de pages, style "The Chicago Manual of Style".  Malheureusement, je n'ai rien trouvé jusqu'à présent. Pourriez-vous me conseiller quelque chose?
Merci!

Lara

Réponse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour Lara,

Concernant votre requête, il est vrai qu'il est difficile de trouver des documents d'intérêt en langue française, et ce, quant à la méthodologie appropriée pour l'inclusion de notes de référence.  Cela dit, je vous ai trouvé un document en .rtf (vous pourrez l'ouvrir avec Microsoft Word) qui présente de façon abrégée le "Chicago Manual of Style" en français.  J'espère que ce document saura répondre à vos questions et je vous invite à communiquer avec moi si vous avez besoin d'aide supplémentaire.

P.S.: En raison des droits d'auteur, vous devrez cliquer sur les hyperliens ci-dessous pour accéder au document en question...

Version HTML :

Institut canadien de microreproductions historiques.  "notes de bas de pages et bibliographies" (selon les règles du Style de Chicago), dans Notre mémoire en ligne.  7 juillet 2004.  <http://www.canadiana.org/eco/lesson_plans/francais/baspages.htm>.

Version RTF (Microsoft Word permet d'ouvrir ce type de document) :

Institut canadien de microreproductions historiques.  "notes de bas de pages et bibliographies" (selon les règles du Style de Chicago), dans Notre mémoire en ligne.  7 juillet 2004. <http://www.canadiana.org/eco/lesson_plans/francais/baspages.rtf>.


Question # 3

J’aimerais obtenir un exemple concret d’un article incluant une série de notes de référence.  Pouvez-vous me fournir un tel exemple ?

Réponse


 

Question # 4

 

 

 

Bonjour Robert,

L'année prochaine, je vais aller étudier à l'université et le domaine de l'histoire m'intéresse.  Cela dit, ma décision finale n'a pas encore été prise.  Seriez-vous en mesure de me donner un peu d'informations par rapport à l'histoire en tant que domaine d'étude ?  Merci beaucoup pour ce site Internet...

Sonja P.

Vancouver, Canada  

Réponse

 

 

 

 

Bonjour Sonja,

L'histoire peut ouvrir plusieurs portes lorsque vous obtiendrez un diplôme universitaire dans cette matière.  En effet, plusieurs employeurs gouvernementaux affectionnent particulièrement les diplômés en sciences humaines et l'histoire permet, notamment, d'effectuer des carrières en journalisme, en éducation et en littérature, entre autres.  Pour vous aider à prendre votre décision quant à votre cheminement académique, j'indique ci-dessous les caractéristiques principales de l'histoire en tant que domaine d'étude.  Vous pouvez aussi lire mon article dans son entièreté en téléchargeant une version électronique de mon livre. 

Meilleures salutations et bon succès !

Robert

____________________ 

Les grandes particularités de l'histoire

۩ L’histoire est partielle ; en ce sens, l’image du passé sera toujours imparfaite;

۩ en histoire, la relativité joue un rôle primordial.  Ainsi, il n’y a pas de vérité absolue : aucune loi ne permet la prévision de l’histoire;

۩ l’histoire est transcendante;

۩ l’histoire est contrainte à la finalité : tout peut être fondé mais pas par n’importe quoi;

۩ l’objet de recherches et le métier spécifiques de l’historien est le rapport de l’homme au passé;

۩ l’histoire est un instrument qui permet de surmonter les crises et c’est la représentation de la continuité qui permet une formulation théorique de ces dernières;

۩ l’histoire n’est scientifique que par sa méthode, la critique historique.  L'on peut donc souligner que l’histoire est la plus humaine des sciences humaines, et ce, à cause de son mode d’investigation, d’explication et de contrôle ;

۩ et tout l’aspect social intéresse l’histoire : les masses, les structures, la globalité et la production populaire.

Comment le travail de l’historien se démarque-t-il de celui des spécialistes des autres disciplines en sciences humaines ?

۩ L’histoire est, nous le mentionnons ci-dessus, transcendante.  En ce sens, l’historien à la particularité qu’il doit constamment réécrire l’histoire;

۩ contrairement aux politologues, économistes, etc., l’historien n’a pas de domaine de référence spécifiquement associé.  Ainsi, il peut aussi bien traiter de l’histoire médicale, de l’histoire légale, et ainsi de suite;

۩ l’historien doit constamment travailler avec des concepts métaphoriques et se laisser parfois guider par son intuition;

۩ et, à l’instar des autres spécialistes, l’historien ne pourra jamais constater par lui-même les faits qu’il étudie et qu’il décrit, contrairement à, par exemple, un physicien qui peut tester ses hypothèses.

Qualités que l’historien doit maîtriser pour effectuer son travail

۩ Une forte dose de curiosité et d’initiative;

۩ une certaine objectivité;

۩ une certaine subjectivité;

۩ une faculté d’appréhension du vivant, aiguisée par un contact perpétuel avec l’aujourd’hui;

۩ et un grand intérêt pour l’écriture, tant à lire qu’à écrire, car cette dernière est son outil de travail de base.

Quelques grands paramètres de la méthodologie en histoire

۩ Les contraintes du présent :

a.   les sources utilisées par l’historien vont déterminer l’allure de son ouvrage ;

b.   la personnalité de l’historien va conditionner, davantage que les sources, les faits qu’il aura retenu ;

c.   et l'’historien appréhende le passé non pas comme un passé qui fut un présent, mais comme un présent qui fut un passé.

۩ Les dimensions du domaine de l’historien :

a.   les hommes : s’il n’y a pas d’hommes, il n’y a pas d’histoire ;

b. le temps et les temps : le temps est unidirectionnel (du passé vers l’avenir) et irréversible (remonter le temps est un acte de l’imagination). Il y a divers temps : temps physique (jours, années, etc.), temps psychique (selon les consciences différentes qui ont des perspectives diverses de l’écoulement du temps), temps social (les sociétés et leurs rapports propres au temps) et le temps historique (représenté par la démarche historienne) ;

c.   la liberté : c’est l’homme qui façonne le processus historique, et cela, selon son propre gré ;

d. et la totalité : les individualités elles-mêmes, avec l’ensemble de leurs traits spécifiques, sont soulignées par le discours historiographique.

۩ Le problème :

a.   l’histoire se fait grâce aux traces antérieures, aux sources ;

b.   l’histoire se fait avec des problèmes du présent ;

c.   le problème est subjectif ;

d.  et l’on pourra analyser ces sources du passé grâce à la critique; l’on pourra élaborer des questions du présent grâce à la problématique.

۩ L’hypothèse :

a.   le problème est accompagné d’une possible réponse et l’on désire vérifier cette dernière grâce à l’hypothèse ;

b.   et l’hypothèse est issue d’un cheminement intellectuel à la fois motivé et informé.

۩ L’heuristique :

a.   une démarche vers l’objet passé : la recherche de traces ;

b. et pour faciliter son travail, l’historien dispose d’une multitude d’outils : catalogues de bibliothèques, musées, archives, inventaires, répertoires bibliographiques, etc.

۩ L’établissement des faits.

۩ La compréhension.

۩ L’intelligence du passé : la conceptualisation de son expérience et la maîtrise de la masse d’informations à sa disposition.

۩ La présentation des connaissances : sa capacité de convaincre le lecteur.

Comment la méthode historique se distingue-t-elle des autres disciplines en sciences humaines

۩ Alors que l’histoire de la terre est l’affaire du géologue, celle des végétaux et animaux du paléontologue, et alors que l’histoire de l’univers relève de l’astronome, l’historien se préoccupe principalement de la connaissance des hommes, et ce, par leurs activités et leurs créations.

۩ La part subjective dont use l’historien, et qui fait appel au plus profond de son être, est unique dans le cadre scientifique.  Nous pouvons être fiers de cette marge de manœuvre par rapport aux sources que l’on utilise.  Il ne fait aucun doute, alors, que l’histoire est la plus humaine des sciences humaines.

۩ Quant au « territoire » de l’historien, l’espace-temps est un concept qui prend tout son sens dans le cadre de son travail.  Ainsi, on ne pourrait imaginer un historien délaisser le cadre temporel au détriment du cadre spatial, ou vice versa, alors que certains géographes pourraient fort bien traiter de sujets particulier en se limitant simplement au concept d’espace, sans même tenir compte du cadre temporel.

۩ Quant aux sources utilisées en histoire, les possibilités d’utilisation semblent infinies par rapport aux problématiques soulevées.

۩ L’objet de l’histoire est le changement social : alors que les espèces animales ont un fonctionnement social naturel (invariable car inscrit dans le système génétique), le fonctionnement social de l’être humain est, pour sa part, culturel (produit, modifié par la société-même, et adapté, donc variable).  Ainsi, ce que l’historien recherche, c’est la compréhension des sociétés humaines : comment elles changent, comment elles se différencient ?

۩ Tout le social l’intéresse : la vie quotidienne de chacun (les masses) au détriment des personnalités « importantes » ; les faits de longue durée (structures) au dépend des événements ; les éléments économiques, démographiques, cultures, etc. (globalité) au détriment du seul facteur politique ; et enfin, les œuvres ordinaires de la vie courante (production populaire) plus que les œuvres savantes.

۩ Bref,  « Au sens strict des termes, l’histoire ne répond pas à la définition de la science ; elle ne consiste pas en démonstrations abstraites comme les mathématiques ; elle n’est pas vérifiable par l’expérimentation comme les sciences de la nature ; enfin, elle n’aboutit pas à des lois qui permettent la prévision ! » (Léon-Ernest Halkin, Éléments de critique historique, Liège, H. Dessain, 1974, p. 19).

 

D'autres questions et réponses sont disponibles dans la version anglaise de ce document.
N'hésitez pas à cliquer sur ce lien pour y accéder.
 
Il est aussi possible de télécharger le livre
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en cliquant sur le lien suivant :

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