Dans un texte propre aux sciences humaines (tel que
l'histoire, par exemple), il est nécessaire d'inclure des notes de bas de
pages
ou de fin de document, et ce, lors de quatre circonstances principales.
Mais, attention, vous ne devrez utiliser que l'un ou l'autre des deux formats
proposés à l'intérieur d'un même texte. Voici donc les circonstances
particulières:
۩ lorsque l'on inclut une citation tirée directement de
l'ouvrage d'un autre auteur (un article ou un livre, entre autres) ;
۩
lorsque l'on indique une ou plusieurs statistiques
(nombre de kilomètres d'un front militaire, nombre de victimes d'un conflit,
montant versé par un gouvernement, etc.) ;
۩
lorsqu'une idée ou un ensemble d'idées est directement
et littéralement lié à l'argumentation ou aux propos d'un autre auteur ;
۩
afin d'inclure des informations supplémentaires qui
permettent de définir ou de soutenir davantage des concepts inclus à l'intérieur
du texte.
Toutefois, il existe des normes à respecter lorsque vient le
temps d'incorporer à notre texte des notes de bas de pages ou de fin de document.
Selon les disciplines, ces normes peuvent être différentes. Ainsi, le
format que je vous propose s'adresse notamment à ceux et celles qui rédigent un
texte en histoire.
Premièrement, et heureusement, les logiciels de
traitement de texte offrent habituellement la possibilité d'inclure rapidement des notes de bas
de pages ou de fin de document. En ce sens, les logiciels Microsoft Word
2003 et 2007 ainsi qu'Open Office permettent, notamment, d'inclure
des notes référentielles :
Exemple 1 : Microsoft Word
2003
Exemple 2 : Microsoft Word
2007 (version anglaise)
Exemple 3 : OpenOffice.org 3.0.1 (version
anglaise)
Les notes se suivent en ordre numérique ou alphabétique, mais peuvent prendre
plusieurs formes. Certains utiliseront les chiffres romains alors que
d'autres préféreront les lettres, entre autres. Cela dit, gardez en tête
que l'on ne doit inclure plus d'une référence par note et que chaque note est
unique, la suivante portant nécessairement un nombre ou une lettre croissante.
La référence relative à la première note doit obligatoirement
être écrite au complet:
1- Henry Bogdan, La
question royale en Hongrie au lendemain de la Première Guerre mondiale,
Louvain : Institut de recherches de l'Europe centrale, 1979, p. 24.
Notez que le nom est écrit au complet (le prénom puis le nom)
et que le titre est écrit en italique; parfois, certains départements
universitaires préfèrent souligner le titre. Après le titre, l'on doit
inscrire la ville où le livre fût édité, le nom de l'éditeur, l'année puis,
enfin, la page concernée. Lorsque la référence concerne une seule page,
l'on indiquera "p.", mais si cette référence concerne plusieurs pages, l'on
devra indiquer "pp.".
S'il s'agit d'un article, le format change quelque peu.
2- M.I. Finley, "The Silent Women of
Rome", dans Horizon, no 7 (1965), Tuscaloosa, Horizon Publishers, p. 64.
Notez que le titre de l'article est mis entre parenthèses et
que le titre de la revue suit en italique. L'on doit aussi indiquer "dans"
ou "in" devant le nom de la revue ou de l'encyclopédie en question. L'on
indique, par la suite, le numéro du volume ou la date de parution (année, mois,
jour, selon le cas), suivi de la ville et du nom de l'éditeur, puis l'on indique
la page ou les pages concernées.
Maintenant, lorsque la référence est répétitive, l'on n'a pas
à répéter la référence au complet. L'on devra plutôt utiliser l'une des
mentions suivantes:
Ibid. : lorsque la même référence est
placée directement après la référence concernée, qu'elle concerne une ou
plusieurs pages différentes ou non ;
Idem. : lorsqu'une référence est identique en
tout point et qu'elle est placée immédiatement la référence concernée.
Certains préfèreront utiliser la mention "Ibid." ;
Op.cit. : lorsqu'une référence a déjà été
mentionnée auparavant mais qu'elle ne suit pas directement cette dernière
et qu'il s'agit d'un livre ;
Loc.cit. : lorsqu'une référence a déjà été
mentionnée auparavant mais qu'elle ne suit pas directement cette dernière
et qu'il s'agit d'un article ;
3- Ibid., p. 66.
Cette référence signifie qu'il s'agit toujours de l'article
de Finley, "The Silent Women of Rome", mais qu'elle concerne la page 66.
4- Idem.
Dans ce cas ci, la référence est identique à la précédente:
même article, même page (p.66).
5- Bogdan, op.cit., p. 45.
Pour cette 5ème référence, j'utilise op.cit. (il s'agit d'un
livre), car Bogdan a déjà été cité auparavant mais pas directement avant.
Il faut également noter la page concernée. Si plusieurs ouvrages de Bogdan
avaient été indiqués en références, j'aurais plutôt dû rajouter le nom du livre
afin d'éviter toute confusion : Bogdan,
Histoire des pays de l'Est, p. 59.
6- Finley, loc.cit., p. 25.
Tout comme la référence 5, mais j'utilise loc.cit, car il
s'agit d'un article et non d'un livre.
Lorsque vous devez citer des références électroniques
provenant de sites Internet, il existe également certains formats à respecter.
Je vous en propose deux, soit les styles APA et MLA.
Style APA
Nom et prénom de l'auteur (année de publication). Titre de l'ouvrage ou
du site Internet (en lettres italiques). Date à laquelle vous avez extrait
l'information du site Internet afin de l'utiliser dans votre document (jour,
mois et année) et adresse du site Internet.
Titre du site en lettres italiques. Date à laquelle vous avez extrait
l'information du site Internet afin de l'utiliser dans votre document (jour,
mois et année) et l'adresse du site Internet selon ce format :
<source>.
S'il s'agit de sites Internet
où l'auteur ou les auteurs du texte concerné sont identifiés :
Nom et prénom de l'auteur. Date à laquelle vous avez extrait
l'information du site Internet afin de l'utiliser dans votre document (jour,
mois et année) et adresse du site Internet selon ce format :
<source>.
Quelques concepts concernant l'inclusion d'une bibliographie à votre
essai :
۩ une
bibliographie est, de facto, une liste d'articles, de livres et/ou
toutes autres sources d'informations utilisées afin de
conceptualiser, préparer et écrire votre essai;
۩ même si une
source ne fait pas partie de votre ouvrage en tant que note de
référence, elle doit quand même être ajoutée à votre bibliographie
si vous considérez que cette source particulière fut nécessaire à
votre compréhension générale de l'un ou l'autre des concepts
présentés dans votre essai;
۩ gardez à
l'esprit que les sources n'ayant pas été consultées par vous-même ou
qui ne sont pas pertinentes à votre essai ne doivent pas être
ajoutées à la bibliographie;
۩
la section de la bibliographie doit apparaître sur une page
distincte, à la fin de votre essai, après la section des notes de
fin de document et/ou des annexes. Toutefois, si vous incluez
une section présentant vos autres ouvrages publiés (ou d'autres
titres de votre éditeur) alors, dans ce cas, votre bibliographie
devra apparaître avant cette section particulière située à la toute
fin de votre ouvrage;
۩
les noms de famille des auteurs doivent être inclus à la
bibliographie selon un ordre alphabétique;
۩
les noms de famille des auteurs doivent apparaître en lettres
majuscules;
۩ si une référence bibliographique concerne un même auteur que
la référence précédente, il est possible de remplacer le nom de
l'auteur concerné par un trait (ceci évite de répéter un même nom de
façon répétitive);
۩ si une référence bibliographique requière plus d'une seule
ligne de texte, les lignes suivantes doivent laisser un espace
tampon à la gauche du texte (alignement horizontal). Notez que cette
façon de faire est optionnelle;
۩
une section bibliographique peut être divisée en sous-sections.
Chaque sous-section représente un type médiatique propre aux sources
présentées. Ainsi, l'on peut inclure des sous-sections propres
à des livres, des articles et des références électroniques, entre
autres. Certains voudront aussi diviser leur section
bibliographique selon des sources générales et spécialisées; dans un
tel cas, chaque division pourrait aussi inclure des sous-sections
pour les livres, les articles et/ou les références électroniques;
۩
et lorsque votre section bibliographique sera complétée et ajoutée à
votre essai, il peut être approprié d'inclure quelques pages vierges
à la fin de votre document. Lorsque l'on publie un livre, les
éditeurs requièrent habituellement de telles pages sans aucun texte.
Ceci est aussi vrai pour les compagnies de publication sur demande (POD)
telles que
Lulu,
Blurb et
QooP. Gardez à l'esprit que le nombre total de pages d'un
livre que l'on souhaite publier doit pouvoir se diviser par quatre
(4). Par exemple, si votre bibliographie se termine à la page
85, vous voudrez alors inclure trois pages vierges additionnelles à
votre livre (pp. 86-88).
Exemples
de références bibliographiques :
Références de livres
:
Auteur (nom de famille, prénom). Titre
du livre,
numéro d'édition (non requis s'il s'agit d'une première édition).
Ville où le livre fut publié: nom de l'éditeur, année de publication.
Nombre total de pages du livre.
Exemples :
POLLOCK,
Michael L. et al. Heart Disease and
Rehabilitation, 3ème édition. Champaign :
Human Kinetics, 1995. 472 p.
RADFORD, Robert.
Footnotes, Endnotes and Electronic References' Methodology.
Morrisville : Lulu, 2008. 84 p.
Références d'articles
:
Auteur (nom de famille, prénom). "Titre
de l'article", dans Titre de la revue, numéro du
volume ou de la revue (année de publication).
Ville où le livre fut publié: nom de l'éditeur.
Numéros de la première et de la dernière page de l'article ("p."
s'il s'agit d'une page unique / "pp." s'il s'agit de pages multiples).
Exemple :
FINLEY, M.I. "The Silent Women of Rome", dans
Horizon, no 7 (1965). Tuscaloosa :
Horizon Publishers.
pp. 57-64.
Références électroniques :
Pour une bibliographie, il est
préférable d'utiliser le style APA quant aux
références électroniques (voir la
section précédente
qui illustre ce type de références).
Exemple :
RICE, J.C. et al. (1998). Defining a web based
learning environment. Extrait le 5
novembre 2000 du site
http://www.byu.edu/ipt/workshops/wbi/text.html.
Exemple
d'une bibliographie complète :
BIBLIOGRAPHIE
RÉFÉRENCES GÉNÉRALES
KEAVENEY, Raymond.
Views of Rome. New York : Harper & Row, 1988. 304 p.
LEFKOWITZ, Mary R. and Maureen B.
FANT. Women’s Life in Greece and Rome.
London: Duckworth, 1982. 294 p.
RÉFÉRENCES SPÉCIALISÉES
MARCADÉ, Jean.
Études de sculptures et d’iconographie antiques. Paris :
Publications
de la
Sorbonne, 1993. 570 p.
POMEROY, Sarah B.
Goddesses, whores, wives and slaves. Women in Classical
Antiquity. New York :
Schocken Books, 1975.
265 p.
ARTICLES
FINLEY, M.I. " The Silent
Women of Rome ", dans Horizon, no 7 (1965).
Tuscaloosa: Horizon Publishers. pp. 57-64.
TREGGIARI, Susan.
" Libertine Ladies ", dans Classical World, no 64 (1971).
Pittsburgh :
Classical Association of the Atlantic States.
pp. 196-198.
SOURCES ANTIQUES
OVIDE. Ovid’s
Fasti. Cambridge : Harvard University Press, 1959. 460 p.
[Traduit par
Sir James
George Frazer].
PÉTRONE.
Le Satiricon. Paris : Les Belles Lettres, 1962. 213 p.
[Traduit par Alfred
Ernout].
PLAUTE. Comédies
:L’Asinaire ; Charançon ; Pseudolus. Paris :
Hachette, 1923. 2 v.
[Traduit
par E. Sommer].
________.
Comédies
:
Truculentus, tome VII. Paris : Les Belles Lettres, 1961.
203 p.
[Traduit
par Alfred Ernout].
SÉNÈQUE, le Philosophe.
Des Bienfaits, tome I. Paris : Les Belles Lettres, 1926. 141
p.
Voici une section qui
regroupe quelques questions intéressantes. Cela dit, afin que cette
section évolue, n'hésitez pas à me faire parvenir vos questions
si certaines persistent dans votre esprit : en ce sens, vous
pouvez me faire parvenir un
courriel
afin de
communiquer avec moi. Je vous répondrai rapidement et
publierai vos questions et mes réponses à même ce site Internet.
Question # 1
Oui, je comprends
comment écrire les notes dans le bas des pages mais, dans mon
synopsis, où est-ce que je dois écrire le numéro ? Par
exemple : "Predictions about which students will do better
academically or socially in which setting are highly fallible
(6)". Est-ce que le (6) va avant ou après le point final ?
Je vous remercie pour votre aide.
Sincèrement,
Stacy
Réponse
Bonjour Stacy,
Le numéro doit
toujours être inclus avant le point final de la phrase
concernée, jamais après, et doit apparaître à la fin de votre
énoncé. Voici un exemple :
« Les
comparaisons internationales présentent les principaux
indicateurs statistiques de plus de 230 pays et territoires,
regroupés par thème : population et revenus, population active
et prix, produit intérieur brut, commerce international et
investissements, éducation et communication, santé
»1.
Bonjour. Je suis à la
recherche d'un livre de
références en français,
pour les notes de bas de
pages, style "The
Chicago Manual of Style".
Malheureusement, je n'ai rien trouvé jusqu'à présent.
Pourriez-vous me conseiller quelque chose?
Merci!
Lara
Réponse
Bonjour Lara,
Concernant votre requête, il est vrai qu'il est
difficile de trouver des documents d'intérêt en langue
française, et ce, quant à la méthodologie appropriée pour
l'inclusion de notes de référence. Cela dit, je vous ai
trouvé un document en .rtf (vous pourrez l'ouvrir avec
Microsoft Word) qui présente de façon abrégée le "Chicago Manual of Style" en français. J'espère que ce document
saura répondre à vos questions et je vous invite à
communiquer avec moi si vous avez besoin d'aide
supplémentaire.
P.S.: En raison
des droits d'auteur, vous devrez cliquer sur les hyperliens
ci-dessous pour accéder au document en question...
L'année prochaine, je
vais aller étudier à
l'université et le
domaine de l'histoire
m'intéresse. Cela
dit, ma décision finale
n'a pas encore été prise.
Seriez-vous en mesure de
me donner un peu
d'informations par
rapport à l'histoire en
tant que domaine d'étude
? Merci beaucoup
pour ce site Internet...
Sonja P.
Vancouver, Canada
Réponse
Bonjour Sonja,
L'histoire peut ouvrir plusieurs portes
lorsque vous obtiendrez un diplôme
universitaire dans cette matière. En
effet, plusieurs employeurs gouvernementaux
affectionnent particulièrement les diplômés
en sciences humaines et l'histoire permet,
notamment, d'effectuer des carrières en
journalisme, en éducation et en littérature,
entre autres.
Pour vous aider
à prendre votre décision quant à votre
cheminement académique, j'indique ci-dessous
les caractéristiques principales de
l'histoire en tant que domaine d'étude. Vous pouvez aussi
lire mon article dans son entièreté en
téléchargeant
une
version
électronique
de mon livre.
Meilleures salutations et bon succès !
Robert
____________________
Les
grandes
particularités
de
l'histoire
۩
L’histoire
est
partielle ;
en ce
sens,
l’image
du passé
sera
toujours
imparfaite;
۩
en
histoire,
la
relativité
joue un
rôle
primordial.
Ainsi,
il n’y a
pas de
vérité
absolue
:
aucune
loi ne
permet
la
prévision
de
l’histoire;
۩
l’histoire
est
transcendante;
۩
l’histoire
est
contrainte
à la
finalité :
tout
peut
être
fondé
mais pas
par
n’importe
quoi;
۩
l’objet
de
recherches
et le
métier
spécifiques
de
l’historien
est le
rapport
de
l’homme
au
passé;
۩
l’histoire
est un
instrument
qui
permet
de
surmonter
les
crises
et c’est
la
représentation
de la
continuité
qui
permet
une
formulation
théorique
de ces
dernières;
۩
l’histoire
n’est
scientifique
que par
sa
méthode,
la
critique
historique.
L'on
peut
donc
souligner
que
l’histoire
est la
plus
humaine
des
sciences
humaines,
et ce, à
cause de
son mode
d’investigation,
d’explication
et de
contrôle ;
۩
et tout
l’aspect
social
intéresse
l’histoire :
les
masses,
les
structures,
la
globalité
et la
production
populaire.
Comment
le
travail
de
l’historien
se
démarque-t-il
de celui
des
spécialistes
des
autres
disciplines
en
sciences
humaines ?
۩
L’histoire
est,
nous le
mentionnons
ci-dessus,
transcendante.
En ce
sens,
l’historien
à la
particularité
qu’il
doit
constamment
réécrire l’histoire;
۩
contrairement
aux
politologues,
économistes,
etc.,
l’historien
n’a pas
de
domaine
de
référence
spécifiquement
associé.
Ainsi,
il peut
aussi
bien
traiter
de
l’histoire
médicale,
de
l’histoire
légale,
et ainsi
de
suite;
۩
l’historien
doit
constamment
travailler
avec des
concepts
métaphoriques
et se
laisser
parfois
guider
par son
intuition;
۩
et, à
l’instar
des
autres
spécialistes,
l’historien
ne
pourra
jamais
constater
par
lui-même
les
faits
qu’il
étudie
et qu’il
décrit,
contrairement
à, par
exemple,
un
physicien
qui peut
tester
ses
hypothèses.
Qualités
que
l’historien
doit
maîtriser
pour
effectuer
son
travail
۩
Une
forte
dose de
curiosité
et
d’initiative;
۩
une
certaine
objectivité;
۩
une
certaine
subjectivité;
۩
une
faculté
d’appréhension
du
vivant,
aiguisée
par un
contact
perpétuel
avec
l’aujourd’hui;
۩
et un
grand
intérêt
pour
l’écriture,
tant à
lire
qu’à
écrire,
car
cette
dernière
est son
outil de
travail
de base.
Quelques
grands
paramètres
de
la
méthodologie
en
histoire
۩
Les
contraintes
du
présent :
a.
les
sources
utilisées
par
l’historien
vont
déterminer
l’allure
de
son
ouvrage ;
b.
la
personnalité
de
l’historien
va
conditionner,
davantage
que
les
sources,
les
faits
qu’il
aura
retenu ;
c.
et
l'’historien
appréhende
le
passé
non
pas
comme
un
passé
qui
fut
un
présent,
mais
comme
un
présent
qui
fut
un
passé.
۩
Les
dimensions
du
domaine
de
l’historien :
a.
les
hommes :
s’il
n’y
a
pas
d’hommes,
il
n’y
a
pas
d’histoire ;
b.
le
temps et
les
temps :
le
temps
est
unidirectionnel
(du
passé
vers
l’avenir)
et
irréversible
(remonter
le
temps
est
un
acte
de
l’imagination). Il
y a
divers
temps :
temps
physique
(jours,
années,
etc.),
temps
psychique
(selon
les
consciences
différentes
qui
ont
des
perspectives
diverses
de
l’écoulement
du
temps),
temps
social
(les
sociétés
et
leurs
rapports
propres
au
temps)
et
le
temps
historique
(représenté
par
la
démarche
historienne)
;
c.
la
liberté :
c’est
l’homme
qui
façonne
le
processus
historique,
et
cela,
selon
son
propre
gré ;
d.
et
la
totalité :
les
individualités
elles-mêmes,
avec
l’ensemble
de
leurs
traits
spécifiques,
sont
soulignées
par
le
discours
historiographique.
۩
Le
problème :
a.
l’histoire
se
fait
grâce
aux
traces
antérieures,
aux
sources ;
b.
l’histoire
se
fait
avec
des
problèmes
du
présent ;
c.
le
problème
est
subjectif ;
d.
et
l’on
pourra
analyser
ces
sources
du
passé
grâce
à la
critique;
l’on
pourra
élaborer
des
questions
du
présent
grâce
à la
problématique.
۩
L’hypothèse :
a.
le
problème
est
accompagné
d’une
possible
réponse
et
l’on
désire
vérifier
cette
dernière
grâce
à
l’hypothèse ;
b.
et l’hypothèse
est
issue
d’un
cheminement
intellectuel
à la
fois
motivé
et
informé.
۩
L’heuristique :
a.
une
démarche
vers
l’objet
passé :
la
recherche
de
traces ;
b.
et
pour
faciliter
son
travail,
l’historien
dispose
d’une
multitude
d’outils :
catalogues
de
bibliothèques,
musées,
archives,
inventaires,
répertoires
bibliographiques,
etc.
۩
L’établissement
des
faits.
۩
La
compréhension.
۩
L’intelligence
du
passé :
la
conceptualisation
de
son
expérience
et
la
maîtrise
de
la
masse
d’informations
à sa
disposition.
۩
La
présentation
des
connaissances :
sa
capacité
de
convaincre
le
lecteur.
Comment
la
méthode
historique
se
distingue-t-elle
des
autres
disciplines
en
sciences
humaines
?
۩
Alors
que
l’histoire
de
la
terre
est
l’affaire
du
géologue,
celle
des
végétaux
et
animaux
du
paléontologue,
et
alors
que
l’histoire
de
l’univers
relève
de
l’astronome,
l’historien
se
préoccupe
principalement
de
la
connaissance
des
hommes,
et
ce,
par
leurs
activités
et
leurs
créations.
۩
La
part
subjective
dont
use
l’historien,
et
qui
fait
appel
au
plus
profond
de
son
être,
est
unique
dans
le
cadre
scientifique.
Nous
pouvons
être
fiers
de
cette
marge
de
manœuvre
par
rapport
aux
sources
que
l’on
utilise.
Il
ne
fait
aucun
doute,
alors,
que
l’histoire
est
la
plus
humaine
des
sciences
humaines.
۩
Quant
au
« territoire »
de
l’historien,
l’espace-temps
est
un
concept
qui
prend
tout
son
sens
dans
le
cadre
de
son
travail.
Ainsi,
on
ne
pourrait
imaginer
un
historien
délaisser
le
cadre
temporel
au
détriment
du
cadre
spatial,
ou
vice
versa,
alors
que
certains
géographes
pourraient
fort
bien
traiter
de
sujets
particulier
en
se
limitant
simplement
au
concept
d’espace,
sans
même
tenir
compte
du
cadre
temporel.
۩
Quant
aux
sources
utilisées
en
histoire,
les
possibilités
d’utilisation
semblent
infinies
par
rapport
aux
problématiques
soulevées.
۩
L’objet
de
l’histoire
est
le
changement
social :
alors
que
les
espèces
animales
ont
un
fonctionnement
social
naturel
(invariable
car
inscrit
dans
le
système
génétique),
le
fonctionnement
social
de
l’être
humain
est,
pour
sa
part,
culturel
(produit,
modifié
par
la
société-même,
et
adapté,
donc
variable).
Ainsi,
ce
que
l’historien
recherche,
c’est
la
compréhension
des
sociétés
humaines :
comment
elles
changent,
comment
elles
se
différencient ?
۩
Tout
le
social
l’intéresse :
la
vie
quotidienne
de
chacun
(les
masses)
au
détriment
des
personnalités
« importantes » ;
les
faits
de
longue
durée
(structures)
au
dépend
des
événements ;
les
éléments
économiques,
démographiques,
cultures,
etc.
(globalité)
au
détriment
du
seul
facteur
politique ;
et
enfin,
les
œuvres
ordinaires
de
la
vie
courante
(production
populaire)
plus
que
les
œuvres
savantes.
۩
Bref,
« Au
sens
strict
des
termes,
l’histoire
ne
répond
pas
à la
définition
de
la
science ;
elle
ne
consiste
pas
en
démonstrations
abstraites
comme
les
mathématiques ;
elle
n’est
pas
vérifiable
par
l’expérimentation
comme
les
sciences
de
la
nature ;
enfin,
elle
n’aboutit
pas
à
des
lois
qui
permettent
la
prévision ! »
(Léon-Ernest
Halkin,
Éléments
de
critique
historique,
Liège,
H.
Dessain,
1974,
p.
19).