Enjeux sociétaux des technologies éducatives sur les PME québécoises entre 1960 et 1980

Pour la plupart des auteurs historiens et ceux qui ont vécu cette période, la Révolution tranquille a, dès 1960, transformé le Québec, et ce, sous plusieurs aspects: sociaux, culturels, intellectuels, politiques et économiques. Entre 1960 et la fin des années ‘70, de grands projets de société furent projetés, dont celui de redonner aux Québécois le contrôle des petites et moyennes entreprises (P.M.E.)[1]. Jusqu’alors, les P.M.E. étaient majoritairement familiales, anglophones et étrangères et avaient peu d’impact sur l’économie québécoise en général, économie qui était manipulée par les grandes entreprises étrangères (surtout américaines). Quant aux gouvernements, Ottawa fut le premier avec la Banque d’expansion industrielle, en 1944, à s’intéresser aux P.M.E. et à leur influence dans le développement économique régional mais au Québec, sous le gouvernement Duplessis, le champ était libre aux investisseurs d’ailleurs et aucun contrôle ou programme visant à aider les P.M.E. n’existait réellement.

Tout au long de la Révolution tranquille, les petites et moyennes entreprises se sont redéfinies afin de dominer le marché économique québécois tout en permettant aux gouvernements de contrôler les répercussions économiques des P.M.E. Cette période de changements profonds a permis aux hommes d’affaires québécois de se retrouver dans une économie propre à leur culture et contrôlée par eux-mêmes à l’intérieur d’un cadre réglementé par les deux paliers gouvernementaux. La redéfinition du concept de la P.M.E. dès 1960 au Québec ainsi que l’implication gouvernementale face aux répercussions économiques des P.M.E. vont de pair, les gouvernements aillant grandement supportés ce moteur économique. Cela dit, le rôle joué par les technologies éducatives est aussi fondamental et sans ces dernières, le portrait du Québec au point de vue socioéconomique serait bien différent. Depuis 1960, plusieurs historiens ont tenté de faire des rapprochements entre la Révolution tranquille et la petite et moyenne entreprise, dont Gérald d’Amboisse, P.-A. Julien, Louis Reboud, et André Raynauld. La présente étude est d’ailleurs basée sur certaines analyses de ces auteurs.

Dans un premier temps, nous démontrons ce qu’était une P.M.E. avant 1960 pour ensuite faire la comparaison avec ce qu’elle est devenue après l’ère duplessiste. Cette étude veut en quelque sorte faire ressortir le fait que des changements majeurs dans le milieu économique au Québec, et particulièrement chez les P.M.E., se sont produits lors de cette période et que ces changements eurent lieu à l’intérieur d’une mutation générale de la société québécoise. Dans un deuxième temps, ce travail tente d’expliquer l’importance des relations entre les P.M.E. au Québec et les gouvernements fédéraux et provinciaux, par le biais de programmes et de réglementations mis en place dès 1960. Enfin, la dernière partie du travail porte sur l’influence de certaines technologies éducatives quant à la formation de milliers d’entrepreneurs et l’émergence des P.M.E. au Québec.

I Émergence d’un nouveau concept de P.M.E.

Le concept de la P.M.E. ne date pas de 1960. Popularisé depuis par une prolifération du nombre de P.M.E. et par l’accroissement de son importance au sein de l’économie et de la société qui l’entoure, ce concept semble être propre à notre époque, mais ce n’est qu’une illusion. Cette première partie souligne les caractéristiques des P.M.E. québécoises d’avant 1960 et porte un regard sur la nouvelle réalité des P.M.E. issue des changements économiques causés par la Révolution tranquille.

1.1 Caractéristiques des P.M.E. au Québec avant 1960

Le mode de développement désarticulé et dépendant du Québec, en ce qui a trait à l’économie avant 1960, est très bien démontrée par Jocelyn Létourneau:

« La prédominance de pôles de croissance fondés sur des industries extractives ou productrices de biens intermédiaires ayant peu d’effets multiplicateurs et très sensibles à la conjoncture mondiale, la fragilité des complémentarités intersectorielles et interindustrielles, l’absence de pôles de compétitivité et le développement enclavé de l’espace économique québécois constituent, pour plusieurs auteurs, quatre caractéristiques distinctives d’un mode de développement désarticulé et dépendant »[2].

De ces quatre caractéristiques découlent deux facteurs principaux, soit un taux de chômage plus élevé qu’en Ontario ainsi qu’une grande hétérogénéité du rapport salarial. En ce qui concerne les investissements étrangers, le Québec offre des conditions très avantageuses et, avant 1960, ces investissements dominent l’économie, et ce, pour plusieurs raisons: l’écart salarial défavorable aux travailleurs québécois, les coûts salariaux indirects réduits au minimum, l’exploitation incontrôlée des richesses naturelles locales ainsi que des redevances faibles sur cette exploitation et, enfin, « l’obligation très légère de s’intégrer aux économies régionales et de développer des collaborations entraînantes avec les P.M.E. locales »[3]font en sorte que les étrangers profitent de ces avantages au détriment même des Québécois.De plus, la présence de filiales d’entreprises étrangères au Québec a eu peu d’effets bénéfiques à long terme: ces filiales satisfaisaient la demande locale en assemblant des composantes déjà faites auprès de leurs sociétés-mères, elles empêchaient les entreprises locales de pénétrer ou de s’imposer dans les mêmes secteurs qu’eux, leur octroi de contrats de sous-traitance avec des P.M.E. locales au plus bas prix possible ne cherchait aucunement à créer des collaborations et elles créaient des enclaves spatiales dépendantes des activités d’une seule grande industrie, elle-même souvent tournée vers le marché mondial[4]. Bref, la dépendance économique du Québec était totale.

Quant aux Canadiens-français, leur situation était peu enviable. Son groupe était peu productif et n’avait que de petits établissements dans le milieu industriel. Comparativement, les établissements étranger et anglais étaient respectivement sept et quatre fois plus grands que l’établissement canadien-français et la production étrangère était deux fois plus élevée[5]. À vrai dire, si l’entreprise canadienne-française subsistait, c’est qu’elle ne vendait pas les mêmes produits que les deux autres groupes. L’importance totale, dans l’ensemble de l’industrie manufacturière, du groupe canadien-français était tellement faible qu’à part l’industrie du bois, la production était insuffisante pour atteindre plus de 50% du marché, et cela peu importe le degré de spécialisation. La grande majorité des industries canadiennes-françaises étaient traditionnelles, familiales et elles existaient toutes au XIXe siècle.

« Les entrepreneurs canadiens-français sont beaucoup plus que les autres concentrés dans certaines industries et qu’à cette concentration correspond une sous-représentation, pour ne pas dire une absence, également apparente dans les autres industries. C’est un groupe qui n’est pas encore fermement implanté dans la fabrication et qui s’est donné quelques îlots d’implantation sur lesquels il concentre la majeure partie de ses maigres ressources (bois, produits alimentaires, cuir, imprimerie-édition, produits métalliques) »[6].

Généralement, le groupe canadien-français était un partenaire du tiers ordre et ne dominait, outre l’industrie forestière, aucun des secteurs considérés. Tourné vers le marché local, il exportait peu. Ainsi, 80% de son commerce d’exportation ne sortait pas du Canada. Alors que les exportations étrangères (surtout américaines) frôlaient les 51.5% et que celles des Canadiens-anglais étaient de l’ordre de 44 %, les Canadiens-français n’exportaient que pour 4.5%[7]. Un léger coup d’œil à la répartition régionale des établissements manufacturiers permet de constater, selon André Raynauld, que « les Canadiens-français sont plus nombreux hors de Montréal qu’à Montréal. Possédant 26% des manufactures, ils n’en ont que 13% dans le Montréal métropolitain, mais 79% en Abitibi-Témiscamingue, 77% en Gaspésie et 66% à Québec »[8]. Ce sont donc les Canadiens-anglais qui sont installés à Montréal, à 72%, alors que les étrangers s’installent à-travers la province.

Ainsi, le Québec et les entrepreneurs francophones avaient peu de poids dans le contrôle de l’économie de la province. Toutefois, la venue des années ‘60, embrasées par les réformes socio-économiques de la Révolution tranquille, allait changer les choses.

1.2 La nouvelle P.M.E. issue des années ‘60

Selon Rein Peterson, la P.M.E. est le modèle de concurrence parfait, « une organisation orientée vers un seul centre de profit, le propriétaire. Dans cette petite entreprise, l’individu responsable de son succès ou de son échec est facilement identifiable»[9]. Cette définition, quoique très générale, pourrait être le reflet de la nouvelle P.M.E. issue de la Révolution tranquille, divisée en cinq groupes bien déterminés.

Le premier vise le marché des biens d’investissements; certaines entreprises survivent et prospèrent à cause de contacts personnels et d’autres ont une stratégie basée uniquement sur la sous-traitance. Le second groupe répond à des besoins particuliers, parfois nouveaux et très spécialisés et basés sur une technologie avancée. Malgré leur haut taux de rentabilité, elles ont plusieurs problèmes de financement, car le grand risque qui y prévaut fait peur au milieu financier. Le troisième groupe exploite un marché très spécifique, dont la caractéristique de base est qu’il fournit des produits ayant un cycle de vie court, répondant à la mode. Ce groupe est très vulnérable à la compétition des nouveaux venus et peut alors difficilement grandir. Le quatrième groupe se spécialise dans la fabrication de produits en série, par le biais d’une technologie particulière; ce type de P.M.E. va souvent être implanté hors des grands centres et sera perçu comme un pôle de croissance et en autant qu’il perce de nouveaux marchés et développe de nouveaux produits, il grandira. Le dernier groupe répond à des besoins personnels (commerce, distribution, services) et est indépendant, à succursales ou franchisé. Ces cinq groupes, bien différents des P.M.E. généralement familiales et peu compétitives d’avant 1960, façonnent le nouveau concept de P.M.E. au Québec[10], concept qui poursuit maintenant son évolution depuis plus de quarante-cinq ans.

En termes concrets, la petite entreprise aura au plus cinquante employés et moins de deux millions de dollars de chiffre d’affaires alors que la moyenne entreprise aura entre cinquante et cinq cents employés et un chiffre d’affaires tournant entre deux et vingt millions de dollars[11]. Tout au long de l’époque à l’étude, les P.M.E. se sont développées à un rythme phénoménal. Alors qu’elles comblaient 47% des emplois au Québec au début de la Révolution tranquille, elles allaient combler près de 60% des emplois dès le début des années ‘80[12]. Ainsi, les P.M.E. du Québec prennent de plus en plus d’envergure tout au long des années ‘60-’80, tant au niveau de l’activité économique qui monte en flèche que de celui des entrepreneurs francophones qui, plus nombreux, demeurent dans l’univers des petites unités de production, plus locaux, délaissant le monde de la grande entreprise aux étrangers[13]. Toutefois, comme l’expliquent John A. Dickinson et Brian Young, «en raison du peu de capital investi et de la récurrence des faillites dans cette catégorie d’entreprises, nombre des emplois y restent très précaires. Mais centrées sur le marché intérieur, ces P.M.E. demeurent le fer de lance de la petite bourgeoisie québécoise »[14].

Les P.M.E. des années ‘60 répondent à plusieurs besoins qui ne sont pas comblés par les grandes entreprises. En ce sens, ces dernières ont toujours besoin de sous-traitants et elles transigent donc constamment avec les P.M.E., à condition qu’elles n’aient pas la même clientèle, bien sûr. Elles permettent aux grandes entreprises d’économiser quant aux éléments de fabrication qui entrent dans leurs produits, car elles prennent en charge une partie de la production, selon les cas. Notons toutefois que les P.M.E. appartiennent à leur milieu et répondent tout d’abord aux besoins locaux ou régionaux; il est clair qu’elles survivent grâce à une population donnée et doivent donc rester attentives à leurs besoins. Le nouveau concept de P.M.E. des années ‘60 permet à Montréal de devenir un nouveau pôle économique francophone. En 1961, le trois quart des manufactures francophones était issu de l’extérieur de Montréal. Le Rapport Higgins, Martin et Raynauld de 1970 propose donc aux gouvernements « d’orchestrer les politiques de développement régional au Québec en fonction d’un renforcement de l’espace économique montréalais »[15], ceci ayant comme but principal d’amener le capital francophone à un niveau lui permettant de pénétrer les grands réseaux économiques de l’Amérique du Nord tout en ayant l’appui de l’appareil étatique fédéral. Plusieurs grandes familles québécoises perceront à l’extérieur et se frotteront à l’establishment canadien, certes, mais la majorité des hommes d’affaires québécois francophones localiseront leurs capitaux au Québec.

Cela dit, tout n’est pas rose pour les P.M.E. québécoises. Leur taux de productivité équivaut à 66% de celui des P.M.E. appartenant à des propriétaires étrangers, la planification des P.M.E. est peu préparée dans plus de 80% des entreprises au Québec, des problèmes de gestion administrative et opérationnelle affaiblissent le taux de rentabilité ainsi que le rythme de croissance des P.M.E. québécoises et il est difficile pour elles d’avoir accès à du capital de risque, d’attirer des finissants universitaires ou des jeunes cadres compétents et de recruter de la main-d’œuvre qualifiée[16]. Malgré ces multiples problèmes, les P.M.E. feront évoluer l’état économique du Québec. D’une province dépendante d’intérêts étrangers, au développement désarticulé et étant largement dominée par des entrepreneurs et des hommes d’affaires anglophones avant la Révolution tranquille, le Québec, dès 1960, s’est restructuré. C’est dans cette ère de changements que les P.M.E., particulièrement francophones, évoluèrent le plus afin de prendre en main l’économie québécoise et de restructurer cette même économie qui tardait à progresser comparativement aux autres provinces canadiennes. Des outils principaux ont permis ce virage majeur, dont les nombreux programmes socio-économiques qui ont mis en branle un processus d’évolution accélérée qui affecta tous les secteurs de la vie et qui redonna au Québec le contrôle de son économie et de ses politiques internes.

II Implications gouvernementales par rapport aux répercussions économiques des P.M.E. entre 1960 et 1980

Dès 1960, les deux paliers gouvernementaux ont graduellement supporté et maîtrisé le développement économique au Québec et ont été, pour les P.M.E., des aides de premier plan aux niveaux techniques et politiques. Grâce aux ministères à vocation économique, aux sociétés d’État, à l’augmentation des programmes de contrôle, de subventions et de politiques industrielles, l’État du Québec avait alors les moyens de réagir et de soutenir les P.M.E., voire même l’ensemble de l’économie. La survivance des P.M.E. était primordiale en raison du moteur économique qu’elles représentaient et la présence gouvernementale dans le domaine des politiques d’aide aux P.M.E. et de l’accès au crédit allait être déterminante, car les banques, elles, n’osaient pas toujours risquer sur des entreprises à plus petite échelle pour qui la compétition était féroce. Principal moteur de l’économie, les petites et moyennes entreprises ne laissèrent pas de choix à l’État : il fallait que ce dernier choisisse entre subventionner les P.M.E. ou risquer des dizaines de milliers de mises à pieds, résultant en une augmentation du chômage.

2.1 Moyens politiques et techniques des gouvernements fédéraux et provinciaux afin de maîtriser le développement économique

De 1945 aux années ‘60, Ottawa a, petit à petit, commencé à contrôler les divers milieux de la vie économique au pays. Pour le gouvernement central, il fallait jeter les bases d’une structure de contrôle basée sur la croissance économique. Les programmes sociaux furent implantés les premiers (Société centrale d’hypothèque et de logement; programmes sociaux contre le chômage; allocations familiales, assurance-hospitalisation et pensions de vieillesse, etc.). Au début des années ‘60, le gouvernement se concentra sur la gestion de son économie: création du gazoduc de l’Alberta; production nationale de défense; attention particulière portée à l’égard de la voie maritime du Saint-Laurent; signature du Pacte de l’Auto; création du Ministère de l’Expansion économique régionale; mise sur pied d’un système de péréquation, etc. Ces programmes allaient augmenter le niveau de vie et donner de l’emploi à plusieurs. De 1955/56 à 1965/66, les dépenses brutes d’Ottawa passèrent de $4.7 milliards à $8.8 milliards et dix ans plus tard à $30.4 milliards[17].

Lors de la Révolution tranquille, l’État québécois s’est, pour sa part, taillé une place de choix dans le développement des entreprises locales. Dès 1960, une grande opération de planification et d’administration de l’économie a été mise de l’avant. Grâce aux ministères à vocation économique, aux sociétés d’État, à l’augmentation des programmes de contrôle, de subventions et de politiques industrielles, l’État local avait alors les moyens politiques et techniques de maîtriser le développement économique. Plus les outils d’interventions étaient importants et influents, plus le rôle de l’État était apparent. D’ailleurs, c’est l’État québécois qui a concentré et réorganisé le capital québécois francophone. Par le biais des sociétés d’État, il a participé activement au processus[18].

Mais alors que la société québécoise n’est qu’au début de sa mutation, les francophones n’ont toujours pas le contrôle de leur économie, comme le démontre bien cette affirmation d’André Raynauld:

« Au Québec et a fortiori dans l’ensemble du Canada, la grande entreprise, qui crée le plus grand nombre d’emplois et qui agit le plus sur le sens de l’évolution économique, appartient à des sociétés de langue anglaise. La vogue du slogan « maître chez nous » témoigne du sentiment de frustration lié à cet état de choses. La notion d’égalité, croyons-nous, suppose un élargissement considérable des possibilités pour les Canadiens de langue française dans les secteurs publics et privés de l’économie »[19].

Pour Pierre-Elliot Trudeau, « Il faut que sur le plan strictement matériel, le Québec réussisse à s’affirmer comme une société en voie de développement économique accéléré. Sans quoi, une partie de nos travailleurs émigrera et perdra sa langue maternelle, tandis que l’autre partie restera et aura honte d’une langue identifiée à des économiquement arriérés. Or, sur ce plan strictement matériel, le fédéralisme est un système qui peut être très avantageux pour le Québec »[20]. Ce développement accéléré a très certainement été aidé par la revitalisation massive des P.M.E. lors des années ‘60 et promulgué par les divers paliers gouvernementaux.

En 1978, une étude de B. Bonin et M. Polèse porte un dur jugement sur les politiques économiques d’Ottawa depuis 1960 au Québec. Selon eux, ils ont relégué au second plan le potentiel de développement de l’économie québécoise et favorisé grossièrement la concentration de l’activité industrielle au cœur du Canada. Ils accusent même Ottawa du retard économique pris par le Québec face aux autres provinces depuis 1960, notamment l’Ontario. Afin de donner du poids à leurs arguments, les auteurs de l’étude donnent comme exemple le Ministère de l’Expansion Économique Régionale (MEER), bâti sur mesure pour le Québec afin de faire contrepoids au Ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC) plus axé vers l’Ontario: de 1969 à 1981, le MEER a alloué $1.5 milliards au Québec (28.5% de ses dépenses), plaçant per capita le Québec au septième rang des provinces canadiennes. Les auteurs reconnaissent que le fédéral a été, avec ses programmes, un obstacle au développement des P.M.E. francophones. Ils poursuivent en notant que la volonté du Canada à articuler la vie économique autour des industries ontariennes et du développement de l’Ouest a marginalisé l’économie du Québec. Avec l’avènement du Parti Québécois en 1976, le gouvernement québécois prit l’évolution économique en main, poursuivit l’œuvre déjà amorcé au début des années ‘60 et permit aux P.M.E. de fructifier leurs bénéfices et de se multiplier[21].

Alors même que ce débat politico-économique avait lieu, les implications gouvernementales revêtaient quatre caractéristiques distinctives entre 1960 et 1980. Premièrement, il fallait modifier la nature désarticulée et dépendante du développement économique du Québec, corriger les erreurs de structures du système productif provincial, augmenter la compétitivité des milieux industriels exposés à la compétition internationale et, enfin, rechercher un développement régional mieux intégré et réparti plus également. Afin d’y parvenir, les outils des gouvernements étaient multiples, dont des investissements publics massifs, des politiques de grands travaux et de promotion industrielle, la création de sociétés d’État, la revitalisation du Conseil d’orientation économique et des projets d’aménagement du territoire. Deuxièmement, les gouvernements ont établi des échelles salariales permettant l’instauration du salaire minimum, entre autres. Ils ont également légiféré sur les conditions de travail des employés et ont créé des programmes de sécurité du revenu. Troisièmement, l’organisation et le financement partiel des deux gouvernements dans certains secteurs d’activités quotidiens (logement, travail, éducation, repos et loisirs, transport, santé) ont permis la gestion globale du processus de reproduction de la force de travail sociale. Pour terminer, la socialisation des milieux sociaux s’est faite grâce aux programmes d’intégration sociale en milieu urbain, aux centres communautaires régionaux, et au réseau de bureaux d’aide sociale[22]. Bref, l’ensemble de ces caractéristiques a permis d’encadrer les P.M.E. et les employés de ces entreprises à l’intérieur d’un système socio-économique bien défini et implanté par les deux paliers gouvernementaux.

2.2 Financement et politiques d’aide aux P.M.E.

La moyenne d’âge d’une P.M.E. est plus courte que celle d’une grande entreprise car elle tend à disparaître lorsque son fondateur meurt. Il y a donc un problème de succession. Il est alors important, au niveau de l’économie globale, que le nombre de P.M.E. augmente même si plusieurs d’entre elles ferment. C’est de cette façon que la production d’emplois et que la distribution des revenus seront assurés. Cela dit, l’on tend à garder en vie les P.M.E. en difficulté pour diverses raisons: sociales, car elles donnent de l’emploi à une partie de la population active et évitent le chômage; psychologiques, car elles représentent la « libre initiative individuelle » caractérisée par le capitalisme américain; politiques, car les entrepreneurs sont souvent l’image parfaite de la stabilité politique. Enfin, pour des raisons de justice et de paix sociale, on leur accorde une aide, tout comme un incurable que l’on maintient en vie afin d’avoir bonne conscience[23].

Les P.M.E. vivent souvent de l’aide financière leur étant accordée par leurs fournisseurs ou par le crédit bancaire à court terme. Le long terme, pour des raisons de sécurité et de confiance, est rarement offert par les banques qui trouvent que le nombre de faillites à l’intérieur d’une année d’opération est trop élevé. Deux remèdes s’offrent à eux: le remplacement de l’achat du matériel par de la location et le développement de nouvelles formes de crédit. À-cause de leur assise économique limitée, les P.M.E. n’ont pas droit à des fonds par le biais du marché des capitaux. Deux autres solutions existent: l’autofinancement et le crédit bancaire. La première option offre des marges bénéficiaires réduites causant des difficultés; en ce qui a trait au crédit, les P.M.E. sont désavantagées par rapport aux grandes entreprises, car elles ne peuvent offrir les mêmes garanties et la modicité du montant des prêts va entraîner, pour les banques, des frais de gestion plus élevés. Donc, pour les banques, les P.M.E. sont des clients moins intéressants que les grandes entreprises et les taux suivent en conséquence[24].

La Banque d’expansion industrielle (BEI), créée en 1944 par Ottawa, fut la première instance gouvernementale vouée à assurer le financement de certains prêts aux P.M.E. En 1975, elle devint la Banque fédérale de développement (BFD). De 1944 à 1977, les prêts approximatifs cumulés de la BFD étaient d’environ $3.5 milliards aux petites entreprises. D’autres instances furent créées dont la Loi sur les prêts aux petites entreprises (LPPE; $80 millions de prêts en 1976), le Programme d’expansion des entreprises (PEE) en 1977 ainsi que le centre de main-d’œuvre du Canada (CMC) qui aide les P.M.E. à trouver des employés compétents et à planifier les besoins en main-d’œuvre[25]. En ce qui a trait à l’aide financière gouvernementale, l’OCDE stipule que « l’octroi de prêts à taux réduits pour investissement et de garanties de prêts constituent les mesures les plus usuelles […]»[26]. Pour l’accès au crédit au niveau fédéral, le financement passe surtout par les garanties du gouvernement aux prêts des banques aux P.M.E., servant à améliorer le fonctionnement de la P.M.E. (Loi sur les prêts aux petites entreprises); en cas extrême, des moyens de financement sont mis directement à la disposition des P.M.E. par la BEI. Au niveau provincial, il s’agit de prêts, de garanties de prêts et de prises de participation par des institutions créées par certaines provinces[27].

Dès 1960, au Québec, il y a eu un accroissement et une diversification de l’aide apportée à l’entreprise privée, surtout pour les manufactures. Les municipalités ont créé des commissariats et des parcs industriels et de nouveaux programmes et des sommes étaient disponibles en plus grand nombre. En 1971, le Québec laisse au fédéral le champ des subventions directes afin de s’orienter vers le financement: prêts sans intérêts, garanties de prêts, participation au capital-actions. À Québec et à Ottawa, des allégements fiscaux furent mis de l’avant. Le Ministère de l’Industrie et du Commerce a formé des agents et des conseillers à la disposition des entreprises, et le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) permit d’aider les manufactures à mettre au point de nouveaux produits[28].

Créée le 6 juillet 1962, la Société générale de financement (SGF) se donna comme mandat certaines responsabilités: prêter de l’argent aux entreprises qui ne pouvaient pas obtenir de financement à long terme, participer à la création et au développement de nouvelles entreprises, fournir des services techniques et administratifs à des entreprises en difficulté et acquérir une participation dans des compagnies qui manquaient de capital-risque. En 1971, la SGF devint une société gouvernementale ayant pour objet de développer et regrouper des entreprises dans des secteurs bien déterminés et elle s’associa, parfois, à de grandes sociétés pour créer des sociétés conjointes. Également, le 8 avril 1971, la Société de développement industriel (SDI) fut mise sur pieds afin de transformer la structure industrielle et de créer des emplois, et eut un rôle de banque d’affaires et de conseiller en gestion[29].

Enfin, le gouvernement canadien, en collaboration avec les gouvernements provinciaux, mena également un Programme de formation des dirigeants des petites entreprises et dès 1969, 35 cours furent offerts dans tout le pays. Cette mesure fut prise en réaction au manque de compétence ou d’expérience administrative de la direction des P.M.E., qui était la cause de 80% des entreprises qui faisaient faillite[30]. En regard des formations offertes, la prochaine partie analyse le rôle joué par les technologies éducatives quant à l’évolution des P.M.E. québécoises entre 1960 et 1980.

III Les technologies éducatives en regard des petites et moyennes entreprises

Dès les années 1960, mais plus particulièrement lors des années 1970 avec l’utilisation davantage marquée des ordinateurs par les divers laboratoires de recherche, les universités et certains groupes-conseils, les dirigeants des P.M.E. québécoises commencent à faire appel aux technologies, et ce, surtout en ce qui a trait à la gestion. Ces technologies de gestion sont d’ailleurs très diversifiées et concernent la direction par objectif, les portefeuilles de produits, la fabrication intégrée, les budgets-programmes, la simulation, voire même la recherche commerciale.

Principalement, ces technologies sont développées dans des entreprises de conseil stratégique, tels que le Boston Consulting Group ou McKinsey. L’apprentissage de ces technologies est importante puisqu’elle « […] offre aux dirigeants des moyens d’appréhender et de structurer les environnements techniques, économiques et concurrentiels dans lesquels l’entreprise œuvre. Ils permettent des décisions stratégiques plus éclairées et efficaces »[31].

Par l’influence, souvent pédagogique et technique, de ces environnements technologiques extérieurs, les P.M.E. du Québec vont pouvoir innover de plus en plus, ce qui est significatif tant du point de vue de la santé financière des entreprises que de leur potentiel réel à développer de nouveaux créneaux et marchés. Cela dit, les clients vont souvent être les premiers à suggérer des idées propices à l’innovation technologique. Ces clients peuvent être des consommateurs individuels ou des fabricants qui font affaire avec les P.M.E. Ainsi, les apprentissages propres aux technologies ne sont pas l’affaire que des seuls universités et groupe d’expertise en entreprenariat. En ce sens, l’exemple de l’entreprise familiale Les Équipements Denis est révélateur de cette réalité des années 1960 et 1970. Ainsi, un des clients de cette entreprise était un exploitant forestier. Étant spécialisé dans la construction métallique, Les Équipements Denis ont décidé de fabriquer et de fournir au client en question une ébrancheuse à mat télescopique beaucoup plus puissante que celles offertes par leurs compétiteurs[32]. Alors que cette P.M.E. n’avait, initialement, nullement le désir de développer un tel produit spécialisé, ils ont été à l’écoute de leur client et ont utilisé les technologies disponibles afin de bien servir leur clientèle tout en y voyant une occasion de maximiser leurs profits et de consolider leur position dominante dans leur milieu d’activités.

Mais il n’y a pas que la clientèle qui puisse favoriser l’innovation et un certain auto-apprentissage de la part des P.M.E. En ce sens, les laboratoires de recherche appliquée vont aussi être à l’avant-garde des technologies éducatives et de gestion, et ce, du fait que les entreprises québécoises des années 1960 et 1970 ne furent pas toujours bien placées pour développer ou utiliser de telles technologies pouvant leur venir en aide, car le financement n’était pas toujours disponible et, d’autre part, l’expertise et les ressources humaines et techniques furent bien souvent manquantes. Ainsi, le Centre de développement technologique de l’École Polytechnique va régulièrement exécuter des recherches qui seront directement commanditées par les P.M.E.

Pour leur part, les diverses universités québécoises vont commencer à offrir des cours de gestion, de management et d’administration à des dizaines de milliers d’entrepreneurs établis ou en devenir. Bien que ces cours furent surtout de premier cycle (baccalauréats, certificats), au détriment de programmes de maîtrise et de doctorats qui étaient moins présents dans le paysage économique et académique, les professeurs et les spécialistes qui enseignèrent la matière propice à l’éclosion des petites et moyennes entreprises du Québec utilisèrent surtout des technologies éducatives que l’on retrouvaient dans le cadre d’autres programmes universitaires, tel qu’en sciences sociales. Ainsi, les enseignants vont se servir de documents sous format papier et de publications scientifiques afin de transmettre la matière; d’acétates et de rétroprojecteurs afin d’afficher les informations au tableau de leur salle de classe; de cassettes audio afin de permettre aux apprenants d’écouter certains témoignages oraux de la part d’autres spécialistes ou d’entrepreneurs; et ils utiliseront une pédagogie dotée de cours théoriques, certes, mais aussi de tests écrits, d’exercices pratiques (des stages au sein de P.M.E. locales, par exemple) et de recherches qui respectent certaines méthodologies propres aux sciences de l’administration, entre autres.

Pour tout dire, l’entrepreneur québécois en devenir en est un qui doit s’informer constamment quant à son champ de compétence par le biais de lectures, de participation active à des séminaires, de rencontres et d’échanges avec les intervenants des milieux économiques et sociaux et qui doit aussi utiliser des médias écrits, audio et visuels (les documentaires télévisuels ou cinématographiques, par exemple). Cela dit, plusieurs professionnels vont innover quant à leur enseignement et vont utiliser la technologie disponible afin de maximiser les apprentissages et développer davantage les habiletés des étudiants.

Cela est notamment le cas de M. Laurent Villeneuve de l’école Polytechnique de Montréal, de M. Lalonde de l’Université du Québec à Chicoutimi et de M. Jean Brunelle des Hautes Études Commerciales (H.E.C.), qui furent – à l’époque – de véritables pionniers quant à l’utilisation des technologies éducatives en regard des petites et moyennes entreprises. Ainsi, Villeneuve va développer un « Modèle de mesure de la technologie » qui va permettre à son équipe de recherche de prendre, lors d’une première expérimentation, un « cliché » d’une entreprise manufacturière en accumulant une foule de données entrepreneuriales. Dans les années 1970, cette base de données va permettre de mieux connaître la réalité de différents secteurs économiques, tant pour les petites entreprises que pour les industries plus développées. Villeneuve a donc testé son modèle dans 150 entreprises qui représentaient alors six milieux industriels différents[33]. Grâce aux bases de données informatisées, son équipe a pu analyser et comparer de nombreuses données qualitatives et quantitatives touchant l’économie du Québec, ce qui a également grandement modifié les perspectives éducatives des divers champs d’études concernés (économie, gestion, administration, entre autres).

Pour sa part, à Chicoutimi, Lalonde va mettre sur pied le Laboratoire d’études économiques et régionales (LEER), soit une institution qui va publier des informations relatives aux problèmes et au développement des coopératives, de la gestion municipale en région et des unités hospitalières réduites, ce qui prouve que même les régions éloignées du Québec étaient influencées par les connaissances technologiques, scientifiques et économiques des entreprises. Parallèlement, un autre laboratoire, le LABRI (Laboratoire de recherche en informatique), aura comme objectif ultime de favoriser l’usage des micro-ordinateurs chez les petites et moyennes entreprises[34]. À l’Université du Québec à Chicoutimi, l’on développe donc rapidement des outils de recherche et de traitements des informations qui vont servir tant les spécialistes que les entrepreneurs sur le terrain, ce qui est un grand pas en avant pour l’ensemble de l’économie québécoise puisque les connaissances et l’expertise développées par les laboratoires ou les université seront également partagées avec l’ensemble du réseau universitaire ainsi qu’avec les intervenants économiques de la province.

En dernier lieu, bien que de tels exemples d’application des technologies éducatives furent nombreux et se développèrent tant à Montréal qu’en région, et ce, à un rythme effréné tout au long des années 1970, l’on doit mentionner l’intéressante approche pédagogique utilisée par Jean Brunelle (HEC), qui va opter pour le cinéma afin de développer les habiletés de certains de ses étudiants. Ainsi, cinq étudiants de Brunelle vont créer cinq films afin de décrire divers aspects propres à des expériences d’entrepreneurship. À vrai dire, malgré le fait que les nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) n’aient pu être appliquées par les enseignants et les apprenants lors de la Révolution tranquille, ces dernières n’ayant pas été développées à ce moment, il faut saluer l’imagination et la perspicacité des intervenants de l’époque, qui ont su utiliser divers médias – écrits, visuels, auditifs, entre autres – afin de permettre à cette génération d’entrepreneurs d’enrichir le Québec et d’être des précurseurs des succès économiques que connaitra le Québec ultérieurement.

Conclusion

Après l’ère duplessiste, il s’est produit une scission dans l’histoire économique du Québec. Dès 1960, le Québec s’est doté de programmes particuliers visant à exploiter davantage les possibilités qu’offraient les P.M.E. Alors, pour plusieurs, ces dernières incarnaient l’outil nécessaire du Québec afin d’en venir à une maturité économique et à une prospérité sociale. Toutefois, les P.M.E. ont dû se transformer et devenir un outil accessible en grand nombre à plusieurs gestionnaires québécois et délaisser leur état d’entreprises familiales et peu nombreuses. De plus, la Révolution tranquille, bien connue pour son aspect nationaliste, allait faire du débat économique un rapport de force politique entre deux paliers gouvernementaux opposés. Le Québec, dans le cadre du fédéralisme, a pour certains auteurs tiré profit des structures en place pour affirmer son rôle économique au pays mais, pour d’autres, le fédéralisme a nui à l’évolution économique de la province lors de la Révolution tranquille.

Quoiqu’il en soit, et peu importe les programmes et les politiques mises en place afin de favoriser l’éclosion des petites et moyennes entreprises au Québec, il demeure que les technologies éducatives ont joué un rôle déterminant quant à la mise sur pied de réels programmes de formation offerts spécifiquement pour les besoins des entreprises québécoises. Par l’utilisation de médias traditionnels et informatisés, entre autres, les enseignants et les spécialistes de l’époque ont créé et ont fait appel à des technologies et à des techniques de pointe afin de doter le Québec des innovations les plus récentes en matière de pédagogie, de transfert d’informations et d’application des connaissances. Il est certain que la P.M.E. au Québec est devenue, entre 1960 et 1980, un véritable moteur de l’économie, grâce en partie aux volontés gouvernementales de la soutenir, elle qui domine au niveau des emplois créés et des retombés économiques. Cette évolution nous marque toujours aujourd’hui et poursuit son ascension. Au fil des ans, les P.M.E. doivent toujours, comme à l’époque de la génération des baby boomers, garder le cap, tenter d’éliminer les faillites précaires par une meilleure gestion et grandir afin de peut-être devenir de grandes entreprises et, enfin, rayonner sur l’ensemble de la planète dans le cadre d’une globalisation des marchés mondiaux.

Comme le mentionne Patrick Guillemet, spécialiste en sciences de l’éducation, « les transformations des pratiques éducatives dont les NTIC sont censées être le vecteur témoignent d’une crise de l’appareil scolaire, et cette crise est elle-même inséparable d’une crise économique dans laquelle elle trouve son explication première »[35]. En ce sens, lors des années 1960 et 1970 au Québec, l’impact qu’ont eu les technologies éducatives en regard des P.M.E. et du système éducatif en général ne pourrait-il pas, dans une certaine mesure, se comparer à l’impact des NTIC sur l’économie du XXIe siècle puisqu’elles ont toutes deux répondu à de nouveaux besoins et à de nouvelles « crises » économiques et pédagogiques ?

Robert Radford, M.A. ©1999, 2011


[1] P.-A. Linteau et alii., Histoire du Québec contemporain: Le Québec depuis 1930, tome II, Montréal : Boréal, 1989, p. 241.

[2] Jocelyn Létourneau, Croissance économique et « régulation duplessiste ». Retour sur les origines de la Révolution tranquille, Québec : Département d’histoire de l’Université Laval, 1986, p. 35.

[3] Ibid., p. 26.

[4] Ibid., p. 33.

[5]André Raynauld, La propriété des entreprises au Québec, Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 1974, p.86.

[6] Ibid., p. 85.

[7] Ibid., p. 107.

[8] Ibid., p. 115.

[9] Rein Peterson, Petites et moyennes entreprises pour une économie équilibrée, Montréal : Le Cercle du livre de France Ltée., 1978, p. 77.

[10] Claude Desjardins, La P.M.E. au Québec. Situation et problèmes, Québec : M.I.C., 1977, p. 39.

[11] Gaston Bédard, Les P.M.E., leur vie, leurs défis, Montréal : Éditions Agence d’Arc Inc., 1989, p. 2.

[12] Yves Bélanger et P. Fournier, L’entreprise québécoise, développement historique et dynamique contemporaine, Ville Lasalle : Hurtubise H.M.H., Coll. Science politique, 1987, p. 3.

[13] André Raynauld et F. Vaillancourt, L’appartenance des entreprises: le cas du Québec en 1978, Montréal : Conseil de la langue française, 1984, p. 94.

[14] John A. Dickinson et Brian Young, Brève histoire socio-économique du Québec, Sillery : Septentrion, 1992, p. 327.

[15] Bélanger, op.cit., p. 102.

[16] Ministère de l’Industrie et du Commerce, Problématique de la P.M.E. au Québec, Ottawa : Gouvernement du Canada, 1975, p. 70.

[17] Bélanger, op.cit., p. 95.

[18] Ibid., p. 9.

[19] Ibid., p. 99.

[20] Ibid., p. 100.

[21] Ibid., p. 107.

[22] Jocelyn Létourneau, op.cit., pp. 3-4.

[23] Louis Reboud, Le rôle et la place des petites et moyennes entreprises dans le Québec, Québec : Conseil d’orientation économique du Québec, 1966, p. 9.

[24] Comité de l’Industrie de l’OCDE, Problèmes et politiques relatifs aux P.M.E., Paris : OCDE, 1971, p. 10.

[25] Ministre d’État – Petite entreprise, La petite entreprise au Canada: perspectives, Ottawa : Gouvernement du Canada, 1977, pp. 11-13.

[26] Comité de l’Industrie de l’OCDE, op.cit., p. 22.

[27] Ibid., p. 23.

[28] P.-A. Linteau et alii., op.cit., pp. 470, 471.

[29] Pierre Fournier, Les Sociétés d’État et les objectifs économiques du Québec: une évaluation préliminaire, Québec : Éditeur officiel du Québec, 1979, pp. 49, 65.

[30] Comité de l’Industrie de l’OCDE, op.cit., p. 12.

[31] Roger Miller, La stratégie d’entreprise et la technologie, No 09-82, Montréal : Université du Québec à Montréal, 1982, p. 13.

[32] Ibid., p. 10.

[33] Yvon Gasse, L’entrepreneurship et la P.M.E. au Québec, Québec : Université Laval, 1980, p. 143.

[34] Ibid., p. 153.

[35] P. Guillemet, Les NTIC et la formation à distance : vers une industrialisation insolite?, <http://www.acelf.ca/c/revue/revuehtml/ 27-2/Provost.html >, 1999.





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